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POEMATA - POESIE DE GIL DEF

UNE ALBORADA A LA VIE

Impossible indifférence par soixante et dix mille fois | 29 octobre 2011

 

Impossible, comme impossible qu’il en soit encore ainsi
Je viens déchirer le silence d’un système inacceptable
Impossible, comme impossible de supporter l’infamie
Je viens dénoncer avec force un monde détestable
Je viens l’accuser pour tout ce qu’il fait et détruit
 
Impossible, comme impossible présent du Meghalaya
Qui ne sait pas où c’est ce qu’il est doit penser à faire route
En sens inverse du temps jusqu’aux pieds de l’Himalaya
D’ici nos enfants, leurs droits à l’amour et coûte que coûte
A là-bas des enfants déchus soumis à remplacer les rats
 
Impossible, comme impossible secret du Meghalaya
Il faut lui opposer bien plus qu’un seul coup de semonce
Quand tout est fait pour nier les pires choses qui soient
Sachez des enfants misère contre misère pour réponse
Argument des trafics pourris sous le règne de l’omerta
      
Impossible, comme impossible sourire au Meghalaya
Au Népal, au Bangladesh, sachez des enfants qu’on va soustraire
Comme on les abuse pour ce qu’ils ne trouveront pas
Le bout du voyage n’est que charbon et un siècle en arrière
Sachez des enfants de sept ans à qui on meurt tout d’une fois
 
Impossible, comme impossible lumière au Meghalaya
Sachez le pire état de mineurs de milliers d’enfants esclaves
Pensez que vous ne pourriez aller où ils vont sans avoir le choix
Chaque jour qui ne l’est plus, ils sont braves mais que c’est grave
Un charbon comme celui-là qu’on leur vole par raison d’Etat
    
Impossible, comme impossible fierté du Meghalaya
Tant que des peuples d’enfants savent trop comme on les ignore
Tant qu’ils n’ont pas d’avenir comme si c’était partout comme ça
Tant que des raisons obscures leur font tort encore et encore
Tant que là ça pue la mort carbone au terminus des convois
 
Impossible comme impossible justice au Meghalaya
Sachez comme on souille des enfants, l’innocence sans défense
A onze ans, personne à qui se plaindre, aucune issue à ça
Il ne reste qu’à consentir le viol pour seul moyen d’existence
N’imaginez que leur honte et leur bouche cousue du pourquoi
 
Impossible comme impossible l’amour au Meghalaya
Pour des milliers de gens que la pire pauvreté sépare
Pensez comme elle se met partout et oblige à n’importe quoi
N’importe quoi pour survivre, même d’une voie qui s’égare
Pensez tant d’amours perdus et tant d’enfants qui n’en auront pas
 
 Impossible comme impossible mutisme et que je ne suis pas
Fatalisme, indifférence font la plus fâcheuse habitude
Qui a du cœur, qu’il lui impulse encore un sens au-delà
Au-delà des larmes, et combattant toute passive attitude
Il faut que ça change d’ici nos enfants à ceux du Meghalaya
 
Il n’est qu’un seul langage à tenir pour tous les enfants du monde
Ainsi soit-il demain partout du soleil vrai pour qui naîtra
 
© Gil DEF - 24.10.2011 

Publié par Gil à 09:23:16 dans MES PATRIES INNOMBRABLES | Commentaires (1) |

L'homme précaire mais après l'apostrophe | 05 mars 2011

 

On dit court notre parcours et du berceau au tombeau
Mais comme c’est long d’être un homme, chose précaire
D’un seul soir d’abeille morte au dernier rai de lumière
Et quand on sait demain, demain se plaint aux roseaux

L’homme est étroit, jambes longues, pareil aux échassiers
Mais différent de l’oiseau c’est l’évidence qu’il refuse
Ses pas font de grands écarts tant sa pensée est confuse
Elle est même à son ombre, morceau de nuit à traîner

L’homme est appris pour marcher, au tout premier combat
Sur la chaussée des géants, où l’on parle de miracles
Quand l’enfant lève le front, quand il franchit l’obstacle
Mais personne n’enseigne combien de fois il tombera

Pourtant il fait tout pour s’accaparer ce qui lui plait
Autour de lui, il s’y porte, par nécessité intuitive
A tout porter à la bouche, aux dangers de tout suivre
Le beau fruit, mais le poison, et l’inventaire incomplet

L’homme est avide de besoins qui le font prédisposé
A se transporter plus loin, à quitter l’enfant balançoire
La courte échelle au mur, les camarades de gloire
Il n’a nulle identité autre que celle voyagée

Il se fait exil, exode, en tous temps, et sans le choix
A s’allonger, démesurées, les jambes des distances,
Entre départ et arrivée, et même si toute chance
N’est qu’un rêve réduit, et un homme vieux déjà

L’homme est un jour qui chemine dans la poussière du temps
Le paradoxe, il se fait lent quand le temps s’accélère
Il renonce à une mère, qu’il met en terre de misère
Il recule, il prend froid où le dépassent des enfants

Longtemps il repasse des horizons dans ses yeux
Il cherche cet endroit, idéal par le rouge aux lèvres
L’eau puisée aux sources, les arbres et leur sève
L’air, le fruit qui ne manquent, les cercles des gens heureux

Mais l’homme se perd à mettre son idéal au-delà
De ce qu’il a de courage, de ce qui lève de terre
Il traverse des déserts, avec ses pensées amères
D’un conflit avec les dieux, d’un paradis qui n’est pas

L’homme se perd à s’étranger de son propre portrait
Un même que lui, pieds nus, un même que lui, dans la crasse
Un même que lui, en prison, en convois têtes basses
Mais ce qui me fait jour tient d’une larme qui l’admet

L’homme est contradictions du face à face avec ses peurs
Et sa pauvre science mais qui refuse ses limites
Et trop souvent il s’évite, si trop fort le cœur palpite
Prêt à prendre la fuite d’un affolement intérieur

Rien d’autre que le temps trop court qui le porte à la mort
Ne peut expliquer ses crises, et tant de dérobades
Ses suppliques, ses prières, ses vaines jérémiades
Jusqu'au mea culpa aux dieux pour négocier son sort

Mais il est celui qui ne renonce pas à être entier
Par le corps et la pensée, d’énergie et de matière
Sensible à ce qui l’entoure, d’énigmes, de mystères
Qui sait s’y ajouter, s’y faire sa propre beauté

Il est celui qui donne le beau geste utile à sa main
C’est celui de tout labeur rapporté aux terres futures
A la bouche des enfants où se trouve la mesure
De la faim, de la soif, et du sens de nos destins

Il est celui qui bâtit de cercles le vrai progrès
C’est celui au pied du mur, fil à plomb et équerre
Fort de géométrie et de son savoir faire
La maison tout autour d’une famille au complet

Il est celui qui s’instruit des choses en profondeur
A travers l’apparence, au-delà des impressions premières
C’est celui qui s’éloigne des attitudes guerrières
Des zones d’obscurité pour nous rendre meilleurs

Il est celui qui refuse l’homme comme pire animal
C’est celui qui le soigne repoussant son infortune
D’un accident, d’une maladie, de pensées sous l’enclume
Ou lui porte secours contre tout verdict fatal

Il est celui qui assume son rôle même ingrat
Même méprisé d’un si maigre prix pour sa peine
Qui est donc l’indigent au comptoir de la gêne
Si ce n’est ceux qui nous mettent au plus bas

Il est celui qui compte des talents par millions
Par l’addition, par la multiplication des preuves
Qui nous ont fait sortir des plus terribles épreuves
C’est chacun de nous si nous levons nos fronts

© Gil DEF - 27.04.2009

Publié par Gil à 15:54:25 dans VERS L'AGE MANDARINE | Commentaires (2) |

Sur un mur de Jénine | 26 janvier 2011

 

Si j’ai bien des raisons de former des angoisses
Quand le monde est folie, des murs dans les esprits
Je ne sais comment faire avec la voix qui dit
Credo aux sentiments, rien d’autre qui prend place

Et jusqu’au bout que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour

Me voilà, ma femme, tel lien que j’imagine
La réponse évidente à mille fois midi
L’élan et le zénith des forces d’utopie
Il m’en reste du cœur, du post-it mandarine

Et j’ai écrit que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour

Si j’ai bien des raisons de craindre des défaites
Où les armes crachent la mort impunément
Je ne sais comment faire avec un vœu ardent
Credo pour des enfants, et pour des airs de fête

Assez, assez, que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour

Me voilà, mon ami, tel bien que j’envisage
La clé des histoires à déborder nos yeux
Les planches de salut dans l’inattendu lieu
De pardon à l’extrême épreuve du courage

Et au-dessus que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour

Si j’ai bien des raisons à de saines colères
Pour bousculer l’ordre établi et fatal
Je ne sais comment faire avec ce qui fait mal
Credo tel écorché et dernière prière

Mais qui dresse que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour

Me voilà, êtres chers, tels liens que je résiste
Porte grande ouverte aux plus justes portraits
Pour base d’écriture à la vie sans regret
Au point non retour de nos visages tristes

Quand on se dit que jamais ne vienne le jour
Que jamais ne vienne le jour, dernier amour

Et j’en pleure ce que tout cœur fort exprime
Gardez-moi de l’espoir sur un mur de Jénine


©   Gil DEF - 18.12.2010
- Mes Patries Innombrables -

Photo : Marie-Isabelle Saint-Clair

Publié par Gil à 18:00:15 dans MES PATRIES INNOMBRABLES | Commentaires (0) |

L'art des voeux pour nous rapprocher | 02 janvier 2011

 

Je n’ai jamais rompu avec mes vœux de paix

Ils sont mon expression d’utopie permanente

La paix je la voudrais à chaque enfant qui naît

Premier don au culte d’une vie qu’on présente

 

Et chaque nouvel an, je mets en joie tout nom

Je lui fais étrenne autour de sa maison

De ce qui fait substance à la poésie tendre

Inondée d’espérance et de vie pour surprendre

 

Je n’ai jamais perdu l’adresse, le sésame

Des vœux les plus profonds, c’est entre terre et ciel

La porte intemporelle où se retrouve l’âme

La quête sincère des soleils fraternels

 

Et chaque nouvel an, je prends des mots de laine

Pour annoncer les nids et les couvées prochaines

Pour tout protéger mieux des froideurs de l’hiver

Pour parler à souhait d’enfants aux pouces verts

 

Je n’ai jamais rendu mes vœux blancs de regrets  

Comme de tradition mais toujours impossibles

Telle belle exigence contre tant l’imparfait

Tels des mots sans suite sans poursuite indicible

 

Et chaque nouvel an, je déborde en chamades

Du cœur plus ambitieux que tout bal d’ambassade

J’en appelle cent fois la fleur des jours heureux

Sur tous les chers portraits et dans l’iris des yeux

 

Je n’ai jamais tenu de vœux qui ne soient prêts

A des résolutions d’élan et d’importance

Tout autour de moi-même, puisque tout vœu complet

A tant besoin de faits, de corps de vraisemblance

 

Et chaque nouvel an, il m’importe chaque jour

Destiné à demain, de supposer l’amour

Plus fort et plus puissant, plus porté par la chance

L’art du rapprocher, la musique et la danse

 

 

© Gil DEF - N° 740 / 02.01.2011

Photo : Marie-Isabelle Saint-Clair

 

Publié par Gil à 17:02:59 dans LA POESIE L'ART LA VIE | Commentaires (4) |

De mémoire de rose | 12 décembre 2010

 

Hommage à mon père, à tous les jardiniers, et à Julos Beaucarne

 

De mémoire de rose, le temps qui fait mourir     

Ne pleure que la courte vie des jardiniers

On les connaît pourtant pour savoir patienter

Et tout abandonner aux roses à venir

 

Gardez vous un endroit où le temps fait la pause

Et qui vous fait chérir les plus simples choses   

 

De mémoire de rose, on n’a jamais connu

De jardinier qui n’avait pas tendre regard

Qui n’avait pas en lui des idées d’arrosoir

Et pour sa jeunesse un cœur entier rendu    

 

Gardez vous de ces pas qu’on presse et vous impose

Et qui vous empêchent la vie, prime cause

 

De mémoire de rose, nul mot ne peut servir

L’art des roseraies supposé sans retard  

Aller à la fête des belles aux mouchoirs

Et des accordances à toujours s’y fleurir

 

Gardez vous cet émoi de tout ce qui propose

Et l’envie d’y rester, et l’autre pas qu’on ose

 

De mémoire de rose, on n’a jamais perdu

De clés de jardiniers, ils ne sont pas geôliers

Ils n’ont de gaieté que pour toute liberté

Et d’un jour en rosée à l’oiseau ingénu

 

Gardez vous cette loi du temps pris qui repose

Et le grand voyageur et son âge qui s’oppose

 

De mémoire de rose, on a fait plus souffrir

A dire combien fane une beauté sans fard

A faire tristesse de qui peut veiller tard

Et qui est jardinier noble à ne rien maudire         

 

Gardez vous de la joie pour les métamorphoses

Et pour l’intemporel des floraisons de roses     

 

De mémoire de rose, à l’heure de partir

Il fut tout jardinier qui n’eut rien à céder

Nulle propriété sauf qu’on est héritier

Du grand soin à porter à vivre et à mourir

 

Gardez vous de la foi comme mémoire des choses

Et comme rêves de soie et précepte des roses

     

© Gil DEF - N° 731 / 08.12.2010

Photo : POEMATA LYON 2006 

 

Publié par Gil à 14:07:14 dans LE GRAND CHEMIN | Commentaires (0) |

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GIL DEF

Né en 1949 près de Calais
Aîné de 10 enfants
Famille ouvrière
Instituteur,directeur retraité
Officier Palmes Académiques

Ecrivain depuis juin 2004
Plus de 700 textes

Contact : gildef@laposte.net
Contrat Creative Commons

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