S'il pouvait remonter le temps Quand il avait moins de vingt ans L'allure fière, et le coeur grand ouvert Quand il avait l'appétit de la vie par tant d'envies S'il pouvait remonter le temps Il referait le chemin vers l'orient Avec elle, l'aîmée d'un autre temps Direct orient ... Trois jours et deux nuits, un voyage Pour rompre avec elle ce mirage
Il imagine comme ce que l'on vit D'abord les yeux de l'aimée ô combien éblouis Un ciel si bleu et s'en détachant Sainte-Sophie Et puis le voilà posant sur ses épaules nues Une étole de soie de couleur écrue Avant d'entrer dans la grande mosquée bleue
Il y a aussi les mots tant ébahis Devant les merveilles de Topkapi Les trônes les bijoux un lapis-lazuli Et Elle devient tout à coup sa belle sultane Sa Shéhérazade lui contant une histoire persane Une nuit ... Pendant Mille et une nuits
Il va déclamer avec aisance ou presque Sur la scène d'un théâtre antique Une tirade d'une grande tragédie grecque Ou un monologue romantique Tout là-haut elle applaudit, se fait bon public Sourire magnifique en cette représentation unique
Dans le grand bazar, ce sont des éclats de rire C'est la bonne façon pour elle de se dire Comme il est maladroit Marchandant le prix de tout et n'importe quoi Comme il est de mauvaise foi pour retrouver l'issue Alors qu'ils sont perdus dans le dédale des rues
Et puis il y a la nuit belle en décor Les lumières sur le Bosphore Les yeux pleins de la mer de Marmara
Elle peut dire embrasse-moi Il peut la serrer très fort Et il y a les frissons des corps Qui se refusent encore ... Et qui se refuseront à jamais
Le mirage a perdu peut-être son effet Ce voyage n'est-il pas qu'un mirage ? Le poète a-t-il encore l'âge D'écrire comme encore on ose : Mignonne, allons voir si la rose ... ?