Les brumes chez moi pèsent aux matins
De ces jours lointains d’un novembre de froid
D’un grand désarroi, et je me souviens
Se blesse la main d’une rose d’effroi
Oublie-ça mon père, ce jour n’était pas
Digne d’une loi, sourd à ces prières
De ces cœurs ouverts aux pleurs d’ici-bas
Perdant la foi, cédant aux vaines colères
Maudire, pleurer, ne servirait plus à rien
Tout ce temps passé ne se compte pas
Aujourd’hui mon ciel n’a plus de chagrin
La vie a repris ses combats, et n’oublie pas
Souris-moi mon père de ces mots pour toi
Ce que je te dois tu sais j’en suis fier
Je ne sais que faire sans trouver la voix
A manquer de joie mais pourtant c’est nécessaire
Je n’ai jamais été loin de toi, et ce lien
S’est renforcé de la conscience du parfois
Du manque, et de la permanence du bien
D’un guide pour tous mes pas en lequel je crois
Montre-moi mon père ces gestes d’autrefois
Le semis de ta main à ces printemps offerts
Quand la terre craque et quand on aperçoit
Les promesses des récoltes avant l’hiver
Si j’ai appris du temps, du comment, du pourquoi
Je suis toujours enfant, ingrat sur ce chemin
De la vie quand elle reçoit plus qu’elle ne doit
Mais qui a grandi à hériter de tes mains
Parle-moi, je promets de me taire cette fois
J’entendrai le sens que tu donnes aux prières
Humbles du vrai merci pour un simple toit
Adressées à qui entend ta foi particulière
Chante-moi, mon père, c’était toi le poète
Ce que tu n’as pas dit, c’est moi qui vais l’écrire
Dans la joie de ma dette, et dans le désir d’être
Cette surprise qui vient enfin nous réunir
© Gil DEF - 10.11.2007