• La nulle poésie de la colonne de mercure

     

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    Sont mieux traités que moi
    Qui ne suis pas dans le rayon frais du supermarché
     

    Nul espoir de passage
    Dans mon rayon
    D’un contrôleur de la répression des fraudes
    Pour le prix, et le conditionnement des produits
     

    Je prends tout d’un coup
    Avec totale affliction
    Ma pauvre dimension
    D’humain
    Au milieu d’une canicule
    Au milieu des incompétences majuscules
    Au milieu d’une société automobilodébile
    Où l’on doit mourir avec style
    Entre routiers qui ne se respectent pas
    Entre chez soi et là où l’on n’ira pas
    Dans un terrible fracas,
    Ou petit à petit,
    Sans procès instruit sur les conditions de vie,
    Seul, sur le tapis,
    Ou dans un lit, pour les plus vernis
    Bouches ouvertes … Shootés à l’ozone
    Et à l’oxyde de carbone
    De toute manière, dans les deux cas
    Il y a mal donne
     

    Je m’accroche au ventilateur
    Au brumisateur
    Enfermé, bien discipliné,
    Sur les conseils des ministères des jours meilleurs
     

    Je finirai par aimer l’hiver

    Mais …
     

    Grand chaud, grand froid
    L’humain ne compte pas
    Ni en été, ni en hiver
    Dans la société à comptes bancaires
    Pétrolifères
    Dans la société des pirates,
    Des acrobates, et des arnaques
    De l’épate, du lève bien la patte
    Des lois scélérates
     

    En bas, j’entends le marteau-piqueur
    Même par grande chaleur
    Personne n’arrête l’ouvrier
    Question de délais ?
    Hum … On ne sait jamais
    En arrêtant le bruit, le nuage de poussière
    En enlevant le casque
    Il pourrait avoir l’envie de penser
    A des choses qui pourraient déranger
    Dans le moment où il peut respirer
     

    Grand chaud, grand froid
    Et cette société là
    Je vous laisse la conclusion de tout ça
     

    Pour l’instant, je ne compte que sur mon ventilateur
    Et voilà que je suis aussitôt …
    Avec ce terrible constat …
    Piégé, culpabilisé …
    Consommateur éhonté de courant …
    Pour un peu, j’aurais ma mauvaise conscience écologique
    Alors je ferme ma boutique
    De l’incorrection politique, économique, climatique
     

    Je ne suis même plus de mode poétique
    La situation n’est pas grave, elle est critique
     

    © Gil DEF. 19.08.2009
     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 20 Août 2009 à 05:14
    La nulle poésie de la colonne...
    J'aime le ton employé dans ce texte, je dirai même plus j'adore ! Le coup du yaourt est très fort. Tout en subtilité qui coupe là où ça fait déjà mal, c'est génial ! Hier, nous avons enregistré un 39°C sous abri alors pour terminer, je ne citerai que ta conclusion "Je ne suis même plus de mode poétique, la situation n'est pas grave, elle est critique" Bises. Marie
    2
    Vendredi 28 Août 2009 à 17:18
    La nulle poésie - R
    Marie-Isabelle Comme tu le devines, j'ai pratiquement élevé mon ventilateur au rang de ventilateur émmerite, la plus haute distinction qui soit chez les ventilateurs. Bises. Gil
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