• Contre tout Etat de France indigne

     

    1941, un 22 octobre
    Quatre à Paris
    Dix sept à Nantes
    Et vingt sept à Chateaubriant
    Parmi des centaines d'internés, déjà
    Parmi ma France occupée, outragée
    Jusqu'en ses bras, ses pas et sa voix
    Affamée, et qu'on voudrait résignée
    Diffamée, parce que condamnée de droits communs
    Quand c'est par des lois d'exception
    D'abandon, de collaboration, entendez trahison
    Quand on enfermait au nom de soupçons, des opinions
    Derrière des murs, des barbelés
    En nouvelles prisons, en camps de consternation
    Quand le vol, le viol, de tout corps attaché à la vie
    Est institué, permis
    Et toute résistance punie
    Quand toute propagande dit
    Le prix à payer à l'ennemi
    Des fronts soumis
    Ma France meurtrie, asservie

    Pendant ce temps, à Vichy, on ment
    Il est un Etat résigné, planqué, indigne
    On se vend et et par ailleurs on se signe
    De nouvelle chrétienté et par serment
    Assignée aux dieux fous et aux croix gammées
    Qu'ils n'attendent pas l'oubli
    Ces faits infamants à France
    Passée à l'ennemi, faux trophée de revanche
    Il ne se peut le nom de France
    En ce rôle servile à la mort contre toute branche
     

    1941, un 22 octobre
    Quatre à Paris
    Dix sept à Nantes
    Et vingt sept à Chateaubriant
    Parmi des centaines d'excommuniés, d'expatriés
    Tant de rejets comme mauvais Français exposés
    Quand commence l'impitoyable tri
    Des coupables de rien, sauf de leur vie
    De leurs naissances, de leurs adresses
    Et de leur pouvoir de jeunesse
    L'ennemi puni, attaqué pour de bon
    Se fait bête enragée et terrible enchère
    Et prononce 50 fois la loi du talion
    En 50 noms, 50 otages, épouvantable nom
    A 50 misères de tombeaux, à 50 mères
    Et que pouvait-on y faire, contre tant d'interdits
    Contre la pourriture qui est dans le fruit
    Contre ce qu'on croyait voisin, frère et qui trahit
    Les poings, les mains des otages ne purent suffire
    Leur courage, seul, ferait face au temps martyre
     

    Pendant ce temps, à Vichy, on s'absout
    L'Etat immoral s'en fout, les pieds et les mains dans la boue
    Et en cure de dignité, travail, famille et patrie
    Qu'ils n'attendent pas notre oubli
    Ces faits infamants à France
    Sous le joug impuissant
    Ils ne se peuvent les noms de France
    De patrie et de mère
    Par des fusils contre ses enfants
     

    1941, un 22 octobre
    Ils seront fusillés en ce jour
    Quatre à Paris
    Dix sept à Nantes
    Et vingt sept à Chateaubriant
    A seize heures par trois salves de crimes
    Et bien plus pour achever ces victimes
    Pour ceux qui portaient espoir
    Contre un deuil sous des cieux de corbeaux noirs
    Il n'y aurait pour eux aucun respect, aucun culte
    Au contraire, on leur ferait plus d'insultes
    D'acceptation de leur sort, de ce qu'on retranche
    De la vérité, et à ceux qui entraient dans l'histoire
    Si on sauva leurs lettres de la dernière heure
    Et leurs phrases simples sur des planches
    Ce fut peu, et ne suffit à chacune de leur vie
    Ce fut beaucoup, pour qu'on ne puisse l'oubli
    Contre tout historien déficient de mémoire
    Détaillant sur des affaires sans rapport, dérisoires
    C'est sans bandeau aux yeux qu'il nous faut y voir
     

    Pendant ce temps, à Vichy, on se fit
    Un Etat soldé de vieillesse, de honte et de mépris
    Par ce qu'il acceptait, devançait, faisait et cachait
    Qu'ils n'attendent pas l'oubli
    Ces décrets meurtriers, étrangers à l'asile, à France
    Ces rafles, ces concentrations de la haine, et au-delà
    Il ne se peut le nom de France
    Dans ces solutions de morts qu'on n'imagine pas
     

    1941, un 22 octobre
    Je m'en viens le rappeler
    Quatre fois à Paris
    Dix-sept à Nantes
    Et vingt sept à Chateaubriant
    La France, on l'a tant fusillée
    Son plus jeune avait dix-sept ans
     

    Il ne se peut le nom de France
    Que par la rose et le réséda
    Et par la jeunesse qui y vivra
     

    © Gil DEF. 22.10.2008
     


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